Archive for novembre, 2006


                            

N’acceptez jamais un rendez-vous sans être accompagnés. L’anonymat d’Internet permet à quiconque de se faire passer pour quelqu’un d’autre,notamment pour un adulte qui souhaite entrer en contact avec des mineurs, mais aussi tout simplement pour un jeune internaute qui, caché derrière son écran d’ordinateur, en profitera pour être malveillant avec un autre. Nous mesurons chaque jour lors de nos sessions de prévention que, aussi bien les enfants que les parents, ne se doutent pas de ces dangers. 

http://www.actioninnocence.org

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il ne faut pas relâcher la vigilance!

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La rue

 La rue

Le dos voûté contre le vent qui secoue

les ramures des platanes, elle remonte l’avenue de la Motte Piquet.

Dans son lourd cabas de plastique clair,

 saisi à plein bras, on peut lire

la pauvreté et la solitude.

Un vieux béret délavé masque à peine

une chevelure terne qui n’a pas vu de coiffeur depuis longtemps.

Je l’imagine, la peur au ventre,

allant de station de métro en abribus,

de hall d’immeuble en recoin isolé,

obsédée par les regards autoritaires

des humains et de leurs chiens.

Elle peut avoir 18 ou 20 ans,

l’âge de ma petite fille,

et le regard vitreux de ceux

que la rue abîme jour après jour.

La Chambre des députés se profile à l’horizon,

froideur de pierre, ignorante du sort des petits

qui vivent au dehors.

Une rafale plus forte la fait trébucher soudain, et la lourde charge s’échappe

de ses mains, semant sur le trottoir

une volée de petits objets que les passants n’évitent guère. Sa vie est répandue au sol, comme

la pluie sur son visage résigné.

Alors, je m’inquiète de ses blessures,

mais, ma main tendue ne rencontre

que le vide.

 

Souvent ma mère disait que

la meilleure amie de la misère était l’indifférence!

Le spectacle de cette jeunesse effondrée,

genou à terre, contemplant ses trésors

éparpillés et broyés sous le pas des gens

me touche au plus profond.

 

« Je le fais si tu veux…? »

lui dis-je.

Mais déjà, un sursaut, elle réajuste le béret,

ramasse quelques miettes,

referme les bras sur son sac

et poursuit en silence son chemin de galérien.

Et je reste là, plantée, émue,

suivant des yeux sa course sinueuse

dans la multitude de la cité.

 
Cast@

 SDF