Archive for février, 2006



Si on aime vraiment, et si on sait rire vraiment,

le résultat est le même : on s’oublie, ou du moins

on s’efface.

Le moi est haïssable, de qui n’aime que son moi.

Le moi est haïssable, qui se prend au sérieux,

parce qu’il ne voit que lui-même et sans aucune distance.

L’amour rend gai, et souvent l’amour fou rejaillit

en fou rire parce que les amants rient

d’être libérés d’eux-mêmes – par l’autre. 

 

 

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 Claude Roy

 

 

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FANTASME CANIN

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Fantasme canin

Chanson d’amour

 

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Le temps de t’espérer

Toi et personne d’autre

Doux temps,

Temps de l’impatience

Le temps d’attendre ton sourire, ta voix

Le temps de t’écouter

Le temps de te tenir contre moi

Le temps de t’aimer

Le temps de poser mes mains sur ton cœur

Le temps de m’éveiller à toi

Le temps de te laisser repartir et de te retrouver

 De te comprendre et de te désirer

Trop de temps avant d’écouter tes paroles

Et trop peu pour qu’elles atteignent

Et touchent mon âme

Le temps qui me vole et me laisse immobile

Le temps qui n’est rien d’autre que

Le temps de t’attendre…

Mon amour.

©     ¢αѕтα 

Pensée absurde

Vous est-il déjà arrivé de vous arrêter pour penser et d’oublier de repartir?

ETAT GRIPPAL AVIAIRE

 
 poule danse

Les vêtements « pied de poule » ou « pied de coq », sont désormais interdits, et ce , pour une durée indéterminée,

De même, pour éviter toute mise en quarantaine, il est souhaitable de ne plus appeler ses proches « ma poule, « ma poulette », »mon poussin », »mon canard », « mon petit oiseau des îles », « mon oiseau de paradis », « ma colombe », ou de roucouler avec votre petite caille,

 Ne traitez plus ceux qui vous attaquent de « jeunes coqs », de « petites dindes », « oies blanches », drôles d’oiseaux »,ni de « perruches » ou de « perroquets »,et encore moins, de « chapons », ou de « grues »,

 Ne traitez plus ceux qui se font avoir généralement de « pigeons »,ou de « dindons de la farce », ni les étourdis « d’étourneaux », ou de « têtes de linottes »,

 Les coiffures en « crête de coq », seront désormais interdites, de même que les teintures « aile de corbeau »,

Vous ne devrez plus vous « pavaner comme un paon », ni faire la bouche en « cul de poule »,

Vous ne devrez pas « monter sur vos ergots », ni faire de « prise de bec » avec les autres, il sera également interdit de se « voler dans les plumes »,

Il n’est pas plus conseillé de « jeter des oeufs » à ceux qui chantent faux, que d’applaudir ceux qui « chantent comme des rossignols », ou de vous montrer « gai comme un pinson »,

Ceux qui voudront crier victoire, sont priés de ne plus pousser de « cocorico »,

Les poulets resteront dans leurs casernes et leurs commissariats, et ne devront plus essayer d’attraper les « pies voleuses »

Les « crânes d’œuf » sont assignés à résidence, dans leurs bureaux climatisés,

Par mesure de précaution, les autres noms d’oiseaux sont également prohibés,

Et bien que le coucou ne soit pas un oiseau migrateur, vous êtes priés de ne plus utiliser ce mot pour vous saluer,

Si la température descend trop bas, couvrez-vous, afin d’éviter d’attraper la « chair de poule », évitez aussi d’avoir un « appétit d’oiseau »,

Mais, bien sûr, rien ne vous empêche de prendre la plume pour compléter cet avis à la population, et de le faire suivre à tous vos amis, « sans faire appel aux pigeons voyageurs ».

Toute référence au coq gaulois est désormais interdite ainsi que sa présence dans les stades et les transports de supporters !

Il n’y aura plus d’oiseau de mauvaise augure et  pas de lettre signé « le corbeau »

Contrairement aux autres matins, vous n’aurez pas les pattes palmées pour aller cancaner cet ordre du jour à toutes & tous vos ancien(ne)s collègues de basse-cour !

Quand c’est beau… –on ne dit plus  » CHOUETTE »

Eviter aussi les expressions comme :  ne pas prendre les enfants du bon Dieu, pour des canards sauvages, ou :  voler au-dessus des nids de coucou.

Abandonner le miroir aux alouettes

Ne plus traiter une idiote de bécasse

Ne pas payer en roupie de sansonnet

Ne plus se servir du martinet….

Les pigeons ne porteront plus de queue de pie…

Les  représentations du Lac des Cygnes à l’Opéra -sont interdites aussi …

Ne plus faire de cancans, surtout de French-Cancan aux abords du Moulin-Rouge 

Ne pas glousser en lisant ces quelques lignes !!!

Et bien sûr, ne plus se servir de la « cocotte minute

Eviter de  faire le choix entre l’aile ou la cuisse !

Toute référence au 22 , à la maison Royco ou  à la maison Poulaga est interdite aussi !

A bon entendeur …

réalisation collective d’internautes fortement atteints par le virus !

 

→♀♥ Pardon

Pardon pour cette fille

Que l’on a fait pleurer

Pardon pour ce regard

Que l’on quitte en riant

Pardon pour ce visage

Qu’une larme a changé

Pardon pour ces maisons

Où quelqu’un nous attend

Et puis pour tous ces mots

Que l’on dit mots d’amour

Et que nous employons

En guise de monnaie

Pour tous les serments

Qui meurent au petit jour

Pardon pour les jamais

Pardon pour les toujours

Pardon pour les hameaux

Qui ne chantent jamais

Pardon pour les villages

Que l’on a oubliés

Et pardon pour les cités

Où nul ne se connaît

Pardon pour les pays

Faits de sous-officiers

Pardon d’être de ceux

Qui se foutent de tout

Et de ne pas avoir

Chaque jour essayé

Et puis pardon encore

Et puis pardon surtout

De ne jamais savoir

Qui doit nous pardonner 

 

Jacques BREL

 

Amanita citrina

AMANITA CITRINA

« Une idée est indispensable… »

pensa-t-il en soulevant sa toque

blanche.

D’un tempérament placide

d’ordinaire, il découvrit la

crispation suprême lorsqu’en

plein soir d’affluence

se présenta cette femme !


Mado Gaillard du guide Merlin,

 s’adossa, pour la quatrième fois

 depuis le début du mois,


au mur du fond, table 7, et

 arrondit son sourire, comme

 pour une roucoulade.

Une gorge de tourterelle

peut-être, mais un sourire de

sphinx !


Quelle serait son humeur

aujourd’hui ? Salée ? Sucrée ?

Classique ? Exubérante ?


Les sauciers se mirent alors en alerte.

Il courut, tout soudain, un vent

d’électricité dans la grande cuisine,

pianos chauffés à blanc et tabliers

de travers.


Le Maître d’Hôtel fit irruption,

visage pâle et gants blancs des

mauvaises nouvelles à la


main :« J’ai parfois changé le pire

des silences en sourire complice… »

bredouilla t-il « mais ce soir,

Madame Mado se surpasse ! »

Plateau en main, épaules basses,

il retourna en salle, résigné.


Son coup d’œil au miroir avant de

passer les doubles portes ne sembla

pas pour autant le rassurer.

Le combat serait difficile, et ce soir

plus que tout autre.

Madame Gaillard trônait derrière le

menu, son regard disséquant chaque

indice autour d’elle, en ayant soin de

 grignoter avec négligence son feuilleté

de mise en bouche.

Et la bombe éclata au-dessus des

casseroles : « le choix du chef ! »


Qu’est-ce que cela signifiait ?

Une provocation de plus semblait-il…

Perdu dans un nuage d’hésitation,

il agita nerveusement le coin de son

 torchon. La lutte était inégale

et cette femme finirait par avoir l

e dessus, il en était certain à présent.

Le plat lui importait peu, elle voulait

sa peau ! L’air lui manqua, il ouvrit

 la porte-fenêtre à deux battants

et sortit dans le vent froid de la nuit,

aspirant à grandes goulées.

« Oui, oui, bien sûr… je la tiens mon

 idée ! » Il disparut dans l’obscurité,

du pas de celui qui sait où il va,

en marmonnant :

« Amanita Citrina, chapeau jaune

citron, hémisphérique puis étale de

50 à 100 mm de diamètre, visqueux

par temps humide, lisse au sec.

Lamelles blanches, serrées,larges.

Pied plein puis creux de 70 à 150 mm,

 enserré d’une volve blanche…


Préparez-lui une omelette ! »

cria-t-il du fond du parc.

¢αѕтα 

 

          

Lassitude

LASSITUDE

 

Entre toi et moi le même courant

La même eau qui coule dans nos heures

Je vis sous le sceau de l’indifférence

A part quelques amis qui sont là

Chaque fois que mes pensées s’érodent

Ils sont là les bras tendus, souriants

Ta demeure comme la mienne crie l’abandon

L’écoulement du temps n’a plus de repère

Toujours la fixation des objets, des images

Hier, aujourd’hui, demain, trajet ordinaire

Entre le lever du jour et le crépuscule

Que peuvent faire les notes qu’on émarge

Ces produits façonnés qu’on délivre

Aux uns et aux autres, et après le silence

La nuit peut être longue, très longue

Quand le lourd sommeil se fait rebelle

Que les yeux au lieu de s’alourdir

Restent ouverts en suivant les fantômes

Tu sors de ton asile, tu t’attables

Dans un coin isolé d’un café solitaire

Tu voyages en dévisageant les noctambules

Tu n’es pas des leurs, tu regagnes ton lit

Fatigué, tes prunelles retrouvent l’apaisement

La nuit peut être longue, le sommeil léger

Ou le sommeil léger, et la nuit longue

Et ta mémoire ébréchée fait revivre

Les vives carences des passages à vide

Quoi écrire quand ta main se crispe

Ta gorge assoiffée reste sur sa soif

Et au lieu de retrouver ton calme fuyant

De tes pas lourds tu foules les chambres

Tu fais dorloter doucement les objets inertes

Dans ton va et vient tu chantes des berceuses

Puis une autre qui retient ta langue

Et brusquement le sommeil te fait signe

Tu te couches prestement dans ton lit esseulé

Et finalement ton corps épouse la solitude

Et tu t’oublies dans les bras de tes draps… froids

 

 

© kacem loubay

Mercredi 31 Octobre 2001

Khénifra / Maroc

loubay_k@yahoo.fr

Le poète de l’autre rive  

 

Pierre DAC

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Rien n’est plus semblable
à l’identique
que ce qui est pareil
 
 
à la même chose.
 
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Pierre Dac
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